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Natures Paul Keirn NATURES, SCIENCE & TRADITIONS, CONSOMMATION & SANTÉ

Gilets jaunes - JOUR 54 : La tension monte lourdement avant l'Acte 9

9 Janvier 2019 , Rédigé par Paul KEIRN Publié dans #INDIGNé(e)S, #Macron

Gilets jaunes - JOUR 54 : La tension monte lourdement avant l'Acte 9

Ce qu’il y a de marquant ce matin, à quelques jours de l’Acte 9, c’est la manière dont le pouvoir cherche à salir le mouvement des gilets jaunes en focalisant toute sa communication sur la violence et sur les rares cas de racisme et d’antisémitisme. Ils existent (faut pas se cacher derrière son petit doigt) mais ils sont ultra minoritaires. L’enjeu est de réduire le soutien populaire, de couper les gilets jaunes de la base populaire, silencieuse mais bienveillante, de jeter le discrédit.

 

Boycotter les télés et leurs journalistes, c’est comme retirer les piles du mégaphone

 

La grande erreur des Gilets jaunes, leur perte peut-être, est de cracher sur les médias (évidemment à la botte de super riches, évidemment odieux sur les plateaux télé). Ce faisant ils scient la branche sur laquelle leur existence est assise. Alors qu’ils bénéficient encore de centaines d’heures de direct où l’on voit les banderoles, des slogans, des prises de paroles où les gens parlent de leurs difficultés à boucler les fins de mois (qui commencent le 5). Des « directs » où tout un chacun peut dire ce qu’il veut, tant du point de vue du pouvoir d’achat que de son désir de reprendre en main sa destinée. Peu importe de se faire lapider sur ces plateaux, l’essentiel est que les messages passent.

Ne plus être visible, c’est disparaître. Cela commence déjà. Que voit-on aujourd’hui des ronds points ? Presque plus rien ! Alors que les ronds points c’est le cœur réel du mouvement et non les soubresauts parisiens.

 

Beaucoup n’ont pas compris que les chaînes concurrentielles de diffusion de l’info en continu ont besoin, pour soutenir leurs tarifs publicitaires, de faire de l’audience. Et comment dope-t-on l’audience ? En diffusant du spectaculaire. Le spectacle est une marchandise. La minute de pub vaut 50 000 à 150 000 €. Les gilets jaunes ont aussi besoin d’être vus, entendus, écoutés. Boycotter les télés et leurs journalistes, c’est comme retirer les piles du mégaphone. C’est idiot, tout simplement.

 

Il ne faut pas oublier que le mouvement est né d’internet (facebook + les pétitions) ET de la diffusion en continu sur les chaînes d’info en continu (en 68, ce furent les stations de radio qui jouèrent ce rôle en diffusant les événements en temps réel sur les transistors (portables). Ce qui amplifia le mouvement).

 

Un grand vent de tension qui monte

 

Ce matin, il y a comme un grand vent de tension qui monte. Cet entre deux actes est plus que jamais marqué par des crispations, des exaspérations tous azimuts, voire de la rage ; de la haine de part et d’autre.

 

Marlène Schiappa appelle à identifier les donateurs de la cagnotte du boxeur de la passerelle Senghor, Christophe Dettinger. De quoi enrager les donateurs (ses explications : https://www.youtube.com/watch?v=qkiF5M5ar0g)

 

Luc Ferry, ancien ministre de l’éducation nationale se demande pourquoi les policiers n’utilisent pas leurs armes : « qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois » pour toutes et pourquoi pas faire appel à l’armée pour tirer sur la foule : l’armée « elle est capable de mettre fin à toutes ces saloperies ». A quand mitrailleuses et mortiers ? Accroissant les tensions, avant de faire marche arrière toute en sussurant « je voulais parler des armes non létales ». Mon œil !

 

Bruno le Le Maire dit avoir été mal compris et revient sur son affirmation de ne plus exonérer les « les plus riches » de la taxe d’habitation (ceux qui touchent plus de 2400 €/mois sont-ils les plus riches ou le haut de la classe moyenne !) sous la contrainte du Château.

 

Pendant ce temps, 60 000 stylos rouges fourbissent des actions pour éclairer le sort des enseignants (un reportage montre un enseignant qui dépense 300 € en fournitures scolaire de sa poche, faute de moyens!).

Ce matin la préfecture d’Évreux est bloquée par les Gilets jaunes.

De lourds débat sur les négociations entre le gouvernement et les propriétaires des autoroutes qui veulent toujours augmenter leurs tarifs de 1,9 % au 1er février 2019...Des sociétés privées qui distribuent 1,7 milliards d’Euros de dividendes à leurs actionnaires (soit 17 % des bénéfices).

 

La mobilisation policière pour l’Acte 9 semble exceptionnelle et prête à en découdre si l’on en croît les propos de Benjamin Grivaux, sans doute en furie après sa fuite forcée dans les jardins de son ministère. La commande de flashball, six coups à barillet est-elle arrivée ?
 

Chantal Jouanno, au prétexte d’une absence de sérénité due à la remise en cause de son salaire, quitte le navire du Grand débat national, qui commence à gîter sérieusement. Il faut dire qu’il est tellement mal parti qu’elle n’a rien à gagner à s’y aventurer.
Mal parti, c’est peu dire, quand on découvre que : soit l’on pourra parler de tout mais que la décision finale en revient au gouvernement ; soit, la prise de parole sera limitée aux thèmes que l’on voudra bien nous accorder. On ne sait pas. L’Élysée tergiverse et donne le sentiment de naviguer à vue. Et il y pas mal de brouillard.

Déjà certains maires se refusent à organiser ce qu’ils considèrent comme une mascarade.

 

Et là-dessus, le CESE (Conseil économique social et environnemental) vient en rajouter une couche en proposant de fixer un prix plancher pour les boissons alcoolisées (évidemment élevé) dans les soirées à rosé, pardon, arrosées.
Tout cela fait vraiment beaucoup !

Avant, avant les gilets jaunes, on aurait parlé de « convergence des luttes », de tendances vers la « grève générale ». Mais le mouvement est beaucoup plus imprévisible.

 

 

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