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Natures Paul Keirn NATURES, SCIENCE & TRADITIONS, CONSOMMATION & SANTÉ

Catastrophe nucléaire au Japon : nous sommes concernés (part.1)

15 Mars 2011 , Rédigé par Paul Keirn Publié dans #ENVIRONNEMENT MONDIAL

sievert definition natures paul keirn 
Vous avez dit Sievert ?

Nous sommes concernés bien sûr par le malheur qui frappe la population japonaise et les dizaines de milliers de morts consécutifs aux catastrophes naturelles.

Nous sommes concernés parce que nous avons des centrales et que c'est l'occasion de réviser les normes de sécurité qui doivent nous protéger. 

Nous sommes concernés par une "excursion nucléaire" (comme disent les experts pour désigner une éruption de gaz radioactifs) car elle parviendra sur l'Europe, comme le nuage de Tchernobyl et plus encore comme le nuage de cendres du volcan pinatubo qui fit plusieurs fois le tour de la Terre, modifiant temporairement le climat. C'est sans le moindre doute l'un des objets de la réunion de la cellule de crise élyséenne de ce jour.

INRS carte de france des mesures de radiation A cette adresse, il vous est possible de visualiser les détections de radiations en France, en direct (source : Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire) - Cliquez sur la carte, le lien est direct.  

 

tchernobyl - site natures paul keirn Nuage radioactif de Tchernobyl sur l'Europe au bout d'une dizaine de jours...
aerosols-pinatubo-fig08  

Répartition du nuage de cendres résultant de l'éruption du volcan Pinatubo en 1991 
Le nord du Japon est à la latitude de Bordeaux (44° 49')

Ces données concernent les quatre îles principales de l'archipel japonais : Hokkaidō, Honshū, Shikoku et Kyūshū. Nord : Cap Sōya, Hokkaidō (45°31′N 141°56′E ) / Sud : près de Tomai, préfecture de Kagoshima (30°59′N 130°40′E )

Les unités de radioactivité

les unites radioac-lightVous avez dit Sievert ?

Aujourd'hui, l'unité de mesure des radiations nucléaire reçue est le Sievert, du nom d'un physicien suédois.
Avant, le Rem (Rad equivalent man) était utilisé. Et le "rad" était l'acronyme de « Radiation Absorbed Dose », une ancienne unité de mesure de la dose de radiation absorbée par une "cible".

Alors, il faut préciser plusieurs choses pour bien comprendre :

- Le rad a été rendu obsolète, car une "cible" ne signifie pas grand chose : un être humain ne reçoit pas les radiations comme une brique ! La chair et les os n'accumulent pas les radioations de la même manière. le corps humain n'est pas homogène. C'est la raison pour laquelle le "rem" s'est peu à peu imposé.

En France, la réglementation fixe les limites annuelles de radiation reçue à 20 mSv (2 rem) pour les travailleurs et à 1 mSv (0,1 rem) pour la population.

Les données relatives aux centrales japonaises sont à ce jour (15 mars 2011) de 400 mSv, soit 20 fois la dose "admissible", c'est-à-dire légale.

Sachant qu'en réalité toute dose est nocive et cancérigène. Il n'y a pas de dose admissible sauf celle à laquelle nous sommes tous soumis : la radioactivité naturelle terrestre et les rayons cosmiques. 

Ne pas confondre milliSievert et milliSievert/heure !

Débit et doses reçues : cette différence, comme si on confondait kilomètre et kilomètre/heure

La dose reçue à l'heure près des centrales japonaises est de 400 milliSievert/heure. C'est un débit. Si vous restez 15 minutes dans cette zone, vous recevez 100 mSv. C'est la dose reçue. Dire que 10 mSv/h sont sans danger  est sans valeur puisqu'en 40 heures la dose reçue est de 400 mSv.

Quand le danger sanitaire des radiations "admissibles" varient
...selon les époques :

Les "experts" du nucléaire ont donné des normes variant selon les époques. Voici les évolutions des normes de radioprotection de la CIPR

Pour les travailleurs :

De 1934 à 1950: 46 rem/an, 1950: 15 rem/an, 1956: 5 rem/an, 1990: 2 rem/an (20 mSv/an).

Pour la population : 1959: 0,5 rem/an (5 mSv/an) et depuis 1985: 0,1 rem/an ou 1 milliSv/an.

Il n'existe pas de dose admissible maximale ou génétique : toute dose de radiation est nocive et est suceptible d'entraîner un cancer à plus ou moins long terme. La CIPR, en 1956, définit la "dose génétique admissible" comme étant celle pour laquelle les bienfaits du nucléaire restent supérieurs aux conséquences génétiques nocives pour l'ensemble de la population. Il s'agit donc d'une norme économique et non de santé publique (article Paul Keirn - Libération, 1977 - En  marge de la manifestion de Creys-Malville - http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifestation_%C3%A0_Creys-Malville_en_1977 ). 

Quand on vous parle de "dose admissible", c'est qu'il n'est en fait pas possible statistiquement et médicalement de savoir si l'apparition d'un cancer dix ou vingt ans plus tard est dû ou non à l'irradiation subie.

Il a été demandé à plusieurs institutions de répondre à la questions suivante  : si 1 million de personnes reçoivent 1 rem (10 millisievert), quel sera le nombre de cancers mortels radio-induits ? La réponse dépend de l'institution qui effectue l'estimation.

 

CIPR-26 (1977): 125 cancers mortels 

UNSCEAR (1977): 75 à 175 cancers mortels

BEIR III (1980): 158 à 501 cancers mortels

MSK (1980): 6 000 cancers mortels

RERF (1987): 1740 cancers mortels

BEIR V (1990): 800 cancers mortels

CIPR-60 (1990): 500 cancers mortels

NRPB (1992): 1000 cancers mortels

 

CIPR: Commission Internationale de Protection Radiologique.

UNSCEAR: Comité scientifique des Nations Unies pour les effets des rayonnements atomiques.

BEIR: Comité de l'Académie des Sciences des Etats-Unis pour l'étude des effets biologiques du rayonnement ionisant.

RERF: Fondation arnéricano-japonaise pour l'étude du suivi des survivants japonais des bombes atomiques. (La valeur indiquée correspond aux résultats bruts, avant l'utilisation des coefficients de réduction).

MSK: Mancuso, Stewart et Kneale. Equipe de chercheurs ayant étudié la mortalité par cancers parmi les travailleurs de l'usine nucléaire américaine de Hanford. (la valeur indiquée est déduite de leur dose de doublement)

NRPB: National Radiological Protection Board (Agence Nationale de Protection Radiologique du Royaume-Uni). D'après le suivi de mortalité effectué sur les travailleurs de l'industrie nucléaire du Royaume-Uni.

 Les-effets-des-radiations-sur-le-corps-humain---natures-pau.jpg

A SUIVRE (HELAS)...


Là où le nucléaire fait froid dans le dos, c'est le temps qu'il faut pour que les radiations émises par un corps radioactifs diminue. On appelle "demi-vie", le temps nécessaire pour diviser par deux l'intensité de la radiation. Le tableau ci-dessous en témoigne (sans commentaire)                      

              Période - Natures Paul Keirn radioactivité

 


FIL d'information EN DIRECT créé par NATURE(S) pour vous permettre de suivre l'évolution de la catastrophe en direct, cliquez ci-dessous : 

 

fukushima logo de fil info natures

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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