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Natures Paul Keirn NATURES, SCIENCE & TRADITIONS, CONSOMMATION & SANTÉ

L’ÉCOLOGIE DÉVOYÉE : LES DÉRIVES POLITICIENNES, MARCHANDES OU SECTAIRES

25 Septembre 2020 , Rédigé par Paul KEIRN Publié dans #DEFENSE DES CONSOMMATEURS, #ENVIRONNEMENT MONDIAL, #NATURES & POLITIQUES, #SOCIOLOGIE

L’ÉCOLOGIE DÉVOYÉE : LES DÉRIVES POLITICIENNES, MARCHANDES OU SECTAIRES

En avant-première, Michel Brassinne (psychosociologue) nous a transmis un texte d'une brûlante actualité. Article à paraître dans le magazine gratuit Lou Nistoun n°174.
C'est avec plaisir que natures.bio lui laisse la parole
PK

L’ÉCOLOGIE DÉVOYÉE.

TOUS COUPABLES ?


On tente de vous culpabiliser chaque jour davantage sur le thème de l’écologie : plus de sapin de Noël, pardon d’« arbre mort » dans les rues de Bordeaux, grâce à l’initiative de M.Hurmic, nouveau maire EELV (Europe Écologie Les Verts). Le Tour de France ?  « Polluant et machiste », s’offusque Grégory Doucet, nouveau maire EELV de Lyon. Un Tour même pas « compensé carbone ». Et puis, des pom-pom girls qui font la bise au vainqueur, cela frise un intolérable machisme, non ?  

Les réseaux sociaux permettent aux opinions extrêmes d’entrer dans la lumière médiatique : ainsi L214 dénonce - à juste titre - le mauvais traitement animal dans certains élevages ou abattoirs. Mais cache en fait ses vrais objectifs, bien plus radicaux. Je cite L214 : « L’élevage, la pêche et la chasse doivent être abolis », « "La production et la consommation de viande doivent être interdites" (source : https://urlz.fr/dPJK). Rien que ça ! 

ALORS ? SPÉCISTE OU ANTI-SPECISTE ?
C’est que - honte à vous - vous n’avez pas compris que toutes les espèces vivantes ont les mêmes droits. Avec une mise en parallèle de racisme, du sexisme et du...spécisme. Le spécisme ? Exemple : dans votre poulailler, vous avez des poules... Mais non ! Vous vous permettez de détenir des esclaves pondeuses, parce que vous vous croyez d’une espèce supérieure aux poules. Vous êtes donc « spécistes » ! Eux, sont antispécistes. Tous égaux en droit, de la fourmi à la baleine. 

LA CHARTE DE L’ARBRE
Et cela ne concerne pas que les poules : dans « la déclaration des droits de l’arbre » , l’arbre doit être considéré comme un sujet de Droit ! Avec « le droit de se développer et se reproduire librement de sa naissance à sa mort naturelle ». Et vous voudriez les tailler, bande de sadiques. Et les couper ? Assassins ! Finis les bonzaïs, finis les tonneaux !

HUMUSEZ-VOUS !
Opterez-vous pour l’humusation ? « Parce que contrairement à l’enterrement et à l’incinération, l’Humusation crée un humus riche, utilisable pour régénérer les terres ». L'humusation  transforme « en douze mois, les dépouilles mortelles en Humus sain et fertile » (https://www.humusation.org). 

LES FONDAMENTAUX
L’écologie scientifique (éco=oîkos=habitat, logos=discours) est un carrefour des sciences qui étudient un milieu appelé biotope (nature du sol, altitude, climat, etc.) et les êtres vivants qui s’y trouvent, en tenant compte de leurs interactions. C’est la biocénose.  Un écosystème est composé d’un biotope  et d’une biocénose.
Et comme « gouverner, c’est prévoir », l’écologie scientifique alimente la réflexion concernant la « politique » à mener . Le mot politique étant ici pris à sa racine, du grec « politikos » qui signifie citoyen et qui par extension prend le sens de « gestion de la cité », gestion du pays. D’où une écologie politique. Voilà pour la théorie. En pratique, l’écologie politique existe mais se mute souvent en écologie politicienne, marchande ou sectaire, que s’arrachent tous les partis, entreprises ou groupuscules. Tous les exemples cités nous montrent une écologie dévoyée.

CÔTÉ GOUVERNANTS
Côté gouvernants de tous bords, on culpabilise pour faire payer davantage. En oubliant de vous dire que la France ne représente que 0,9 % de la pollution mondiale en matière de CO², le gaz à effet de serre le plus important en quantité ! Moins de 1 % ! Et que les ménages français représentent 1/5ème de ces 1 %. Alors que l’Asie en est responsable à hauteur de 47 % (dont 27 % pour la Chine). 17 % pour le couple USA-Canada. Sachons lire les chiffres : ce 0,9 % n’est pas le fruit d’une morale nouvelle. Nous avons délocalisé les entreprises les plus polluantes ! Bref, on pollue, mais ailleurs.

LES POLLUEURS DEVAIENT ÊTRE LES PAYEURS
Le principe du « pollueur-payeur » a été adopté l’OCDE en 1972. En 2022, les pollueurs ne sont toujours pas les payeurs. Le carburant de votre voiture est hyper-taxé, à 61,4 %, mais pas le carburant maritime, libre de toute taxe ! On oublie de vous dire que les 5192 porte-conteneurs mondiaux (2018) brûlent 250 millions de tonnes de carburant par an. Les « post-panamax », trop grands pour emprunter le canal de Panama, consomment 300 000 litres de fuel lourd par jour ! Dans les océans et chez nous en Méditerranée, ils utilisent le pire des carburants, le « bulk oil » chargé à 3,5 % de soufre. Chaque super porte-conteneurs pollue tous les ans, en terme de matières soufrées, autant que 50 millions de véhicules. Vous lisez bien : chaque super porte-conteneurs ! Bien plus que nos 39,3 millions de véhicules de notre parc roulant. A cela il faut ajouter les 52 564 autres cargos. Au total, en Europe, on estime que leurs rejets provoquent 10.000 morts par an, par cancer du poumon. Les marseillais connaissent bien tous ces cargos dont les moteurs tournent jour et nuit (pour chauffer le « bulk», autrement inutilisable), même à quai, polluant la ville et les poumons. Les leaders mondiaux de ce juteux marché, installés à Genève, assurent qu’ils feront un effort vers...2050.

Alors que le commerce des multinationales est soigneusement protégé et reste dans l’ombre des médias, on tente de nous faire croire que « pour freiner cette course folle et dangereuse pour notre planète, il suffirait de petits riens adoptés par tous » (Cf. alternativi.fr). Ou de se comporter comme le colibri de la fable, celle que colporte Pierre Rabhi, « allant chercher quelques gouttes avec son bec, pour les jeter sur le feu. Le tatou agacé par cette action dérisoire, lui dit : « tu n’es pas fou ? ». Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! Et le colibri lui répondit : « je le sais, mais je fais ma part ». Ah quelle sagesse ! C’est pourtant le tatou qui a raison : dérisoire en effet. Le colibri ne sert qu’à se donner bonne conscience et à vous faire croire que vous êtes les responsables des dramatiques enjeux écologiques planétaires.

Comme d’habitude, les vrais pollueurs, les tenants du profit immédiat au mépris des générations futures, s’exonèrent de toute responsabilité et refusent d’être les payeurs.

Michel BRASSINNE
michel.brassinne@gmail.com

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