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Natures Paul Keirn NATURES, SCIENCE & TRADITIONS, CONSOMMATION & SANTÉ

Scientifiques et créationnistes : sciences contre croyances

12 Décembre 2009 , Rédigé par Paul Keirn Publié dans #VIVE DARWIN !

LES COMMENTAIRES CONTINUENT...SCIENTIFIQUES ET CREATIONNISTES, UN ETERNEL COMBAT ENTRE LA VOLONTE DE SAVOIR ET L'OBSCURANTISME DES CROYANCES.

(Extraits de l'Agence Science-Presse) - Tout espoir n’est pas perdu pour convaincre ceux qui refusent l’évolution au nom de croyances religieuses: le pape lui-même accueillait a accueuilli un séminaire scientifique visant à affiner la position du Vatican sur l’évolution des espèces.
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Jean-Paul II, avait appuyé l’évolution dite darwinienne en 1996, lorsqu’il l’avait présentée comme étant "plus qu’une hypothèse". Le Père George Coyne, 73 ans, qui était jusqu’au 19 août 2006 directeur de l’observatoire du Vatican, a carrément tourné en dérision l'idée créationniste (lire Le créationnisme au Vatican). "Dieu n’est pas un designer et la vie est le fruit de milliards de tentatives", déclare-t-il dans le mensuel scientifique Newton.

 

Voici un commentaire reçu hier, qui mérite d’être à son tour commenté :

 

« Bonjour ! Je suis un crédule et un ignorant des faits scientifiques ; bref, je suis, présentement, un raëlien. Et pourtant ! Je suis en accord avec vous avec votre approche scientifique, tout doit être démontré, vérifiable et reproductible en laboratoires, sinon ce ne sont que des hypothèses.

Les hypothèses sont, à un moment donné, plus ou moins admises, prises au sérieux ; mais ceci n’assure pas la solidité de l’hypothèse.

Si la théorie de l’évolution était un fait scientifique reproductible en labo, ne l’appellerait-on pas l’évolution sans y adjoindre le mot « théorie » ? Empiriquement, elle me parait tout à fait scientifique. Mais, peut être, que j’ai tout faux, étant donné que je suis crédule et ignare ».

 

C’est très beau ! De l’ouvrage de qualité dans l’art de semer le doute ! Vous êtes très malin. Mais cela ne marche pas et il est facile de décortiquer votre approche, celle qui consiste à dire que la théorie de l’évolution n’a pas de valeur. Vos propos contiennent de nombreuses lacunes et erreurs, qu’elles soient volontaires (ce que je crois) ou involontaires.

 

Vous dites :

« Je suis un crédule et un ignorant des faits scientifiques ; bref, je suis, présentement, un raëlien. Et pourtant ! Je suis en accord avec vous avec votre approche scientifique, tout doit être démontré, vérifiable et reproductible en laboratoires, sinon ce ne sont que des hypothèses. »

 

L’introduction est faite de modestie apparente et d’une prétendue ouverture d’esprit, disant finalement « bien que raélien, regardez comme je suis ouvert à la démarche scientifique ». Encore que, on peut remarquer l’intrusion d’une distorsion : « je suis d’accord avec vous avec VOTRE approche scientifique ». Ce n’est pas MON approche scientifique. L’approche scientifique est la méthode, on pourrait dire la technique, le savoir-faire, conduisant à un savoir accru, à une explication plus fiable de la réalité. Et fiable parce que la méthode est décrite avec précision et qu’une expérience se doit d’être reproductible par tout un chacun. Autant dire qu’il n’existe pas d’approche scientifique de l’un ou de l’autre. L’approche scientifique est indépendante des personnes. Elle est elle-même l’objet d’une réflexion critique qui s’appelle l’épistémologie (l’étude du savoir, épistémè, en grec), l’étude du « comment sait-on que l’on sait ».

 

Vous dites ensuite :

« Les hypothèses sont, à un moment donné, plus ou moins admises, prises au sérieux ; mais ceci n’assure pas la solidité de l’hypothèse ».

Non, non, non et non ! Les hypothèses ne sont pas « plus ou moins admises » ou « plus ou moins prises au sérieux » car ce n’est pas dans la nature d’une hypothèse d’être une opinion. L’étymologie du mot vous le dit : hypo-thèse,  c’est littéralement une sous-affirmation (hypo=sous, inférieur, comme dans hypoglycémie). Et une sous-opinion qui demande à être vérifiée. Une hypothèse est une proposition ou une explication que l'on se contente d'énoncer sans prendre position sur sa véracité, c'est-à-dire sans l'affirmer ou la nier. Une fois énoncée, une hypothèse peut être étudiée, confrontée, utilisée, discutée ou traitée de toute autre façon jugée nécessaire mais, quand il s’agit de science, cela doit se passer dans le cadre d'une démarche expérimentale (faire des expériences). L’approche scientifique comprend l’hypothèse ET la démarche expérimentale. L’une ne va pas sans l’autre. Par exemple, l’ « effet laser », issu de la théorie proposée par Einstein en 1917, n’a pu être vérifié qu’en 1957. Mais pendant tout ce temps, les chercheurs ont tenté de vérifier cet effet laser en faisant des expériences . Aujourd’hui tout le monde en connaît les applications (lecteurs de CD, graveurs de DVD, etc.).

Vous dites dans le même extrait : «mais ceci n’assure pas la solidité de l’hypothèse ». Rien, ni personne n’affirme « la solidité d’une hypothèse » puisque seule l’expérimentation confirmera ou infirmera une hypothèse. 

Une hypothèse destinée à être travaillée ou vérifiée est désignée par l'expression « hypothèse de travail » ; au contraire, une hypothèse utilisée sans intention ou sans possibilité de la vérifier (pour des raisons sentimentales, religieuses ou politiques par exemple) constitue un postulat. Et précisément, je pense que votre approche à vous, la création de l’espèce humaine par des extra-terrestres, comme d'autres y voir une oeuvre divine, est de l’ordre du postulat car que vous ayez ou non la volonté de vérifier les affirmations raéliennes, vous ne pourrez jamais les vérifier dans le cadre d’une démarche expérimentale reproductible. Vous êtes dans l’univers de la croyance.

Vous dites ensuite, et c’est le morceau de bravoure de votre commentaire et je dois dire tout son caractère insidieux :

« Si la théorie de l’évolution était un fait scientifique reproductible en labo, ne l’appellerait-on pas l’évolution sans y adjoindre le mot « théorie » ? Empiriquement, elle me parait tout à fait scientifique. Mais, peut être, que j’ai tout faux, étant donné que je suis crédule et ignare. »

 

« Si la théorie de l’évolution était un fait scientifique reproductible en labo ».  Vous mettez au conditionnel (Si…) une réalité mille fois vérifiée ! La théorie de l’évolution a fait l’objet de vérifications expérimentales qui montrent bien qu’il s’agit d’un très grand ensemble de faits scientifiques. Tous les outils de datation (aujourd’hui bien plus puissants que l’analyse au Carbone 14) montrent bien qu’il y a eu « spéciation » (formation d’une espèce spécifique) il y a environ 7 millions d’années, formant une espèce, une branche « homo » qui conduira à notre espèce, homo sapiens. Ce sont des faits. Que cela fasse plaisir ou non. Les isotopes du carbone 12 n’ont pas d’opinion. On connaît leur « période » (une période est le temps mis pour être deux fois moins présents dans un corps) et donc la date de leur mort en tant qu’être vivant. Ce sont toutes les expérimentations sur les ossements. Ce n’est ici qu’un exemple parmi des centaines. Je déplore pour tous ceux qui pensaient que c’était un dieu qui avait créé l’Homme en 6000 avant-JC, c’est faux. Cela n’empêche sans doute pas de croire qu'un dieu existe et qu'il a créé l'espèce humain mais cette affirmation sans preuve, datée, ce postulat, est erroné. Tout comme l'était l'idée défendue des siècles durant par les Eglises que la Terre était au centre de l'univers. Des gens sont morts pour avoir affirmé avec raison qu'il n'en était pas ainsi.

 

Et qui plus est un « fait scientifique » n’a pas à être reproductible en « labo ». Un fait scientifique peut être prédit à partir de la théorie en observant la nature ou en faisant une expérience dont le cadre est la nature. Quand Einstein prédit que l’apparition d’une étoile située très loin derrière le soleil se fera plus tôt que prévu à la fin d’une éclipse solaire en raison de la courbure qu’imposera la masse du soleil à la trajectoire de la lumière, il ne se trouve pas dans un labo, c’est le moins que l’on puisse dire ! Et tous les scientifiques de tenter de vérifier cette hypothèse. Et les outils scientifiques, des horloges atomiques (qui elles ne sont pas soupçonnables d’avoir une opinion) indiquent clairement que l’étoile apparaît quelques millièmes de seconde plus tôt que prévu. Et l’expérience est reproductible à chaque éclipse. Et donne les mêmes résultats.

 

Vous poursuivez : «…ne l’appellerait-on pas l’évolution sans y adjoindre le mot « théorie » ». Tout comme si le fait de dire « théorie de l’évolution », le fait d’utiliser le mot « théorie » indiquait dans la bouche même des scientifiques un doute persistant ! Très beau, mais très faible : une théorie n’est pas une hypothèse ! C’est un ensemble de données structurées qui décrivent un regard spécifique sur la réalité, indépendamment des applications qui pourraient en découler. Je dis bien « indépendamment des applications qui pourraient en découler ». C’est cela qui est théorique.

 

Une théorie (du grec theorein, « contempler, observer, examiner ») désigne couramment une idée ou une connaissance spéculative, souvent basée sur l’observation ou l’expérience, donnant une représentation idéale, et surtout éloignée des applications pratiques.

En sciences, une théorie est un modèle ou un cadre de travail pour la compréhension de la nature et de l'humain. En physique, le terme de théorie désigne généralement le support mathématique, dérivé d'un petit ensemble de principes de base et d'équations, permettant de produire des prévisions expérimentales.

Pour qu’une théorie soit considérée comme faisant partie des connaissances établies, il est habituellement nécessaire que celle-ci produise une expérience critique, c’est-à-dire au moins un résultat expérimental qui n’était prédictible par aucune autre théorie établie.
Si la théorie prédit des effets, alors il faut chercher à les observer et à les mesurer.
Si les conséquences prévues ne sont pas contredites par la réalité observée et mesurée, alors la théorie et ses principes se trouvent confortés.
Si apparaissent des faits observés et mesurés que la théorie ne prévoit pas, alors soit il faut modifier la théorie, soit il faut en préciser la portée et les limites.

Et vous terminez par « Empiriquement, elle me parait tout à fait scientifique. Mais, peut être, que j’ai tout faux, étant donné que je suis crédule et ignare. »

Le fait que vous vous disiez crédule et ignare (ce que je ne pense pas, loin de là) n’affecte en rien la science, pas davantage que votre sentiment d’avoir « tout faux » ne ruine les connaissances acquises pendant des décennies de recherche. Les réacteurs de tous les avions ne tombent pas en panne au moment où vous douter d’avoir bien compris leur fonctionnement !

Voilà ! C’était un peu long, mais il faut prendre le temps de démonter ses affirmations susceptibles de semer le doute là où il n’y en a pas. On peut (et on doit toujours) douter, le scepticisme est même un des moteurs de la science, mais ici dans ce genre de discours le doute n’est qu’un outil au service de croyances sectaires et/ou religieuses rétrogrades.

 

 

 

 

 

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R

Bonjour

Je considère toute démarche scientifique visant à comprendre et expliquer la matière et les phénomènes qui s'y rattachent comme respectable et même souhaitable.
De ce point de vue,pour moi, la démarche de Charles Darwin remettant scientifiquement en cause le dogme dominant et "établi" de la création divine était  tout à fait souhaitable et
justifiée.

Je suis plus critique sur la façon dont la théorie de l'évolution  est présentée aujourd'hui au grand public à tavers tout un ensemble d'émissions ayant trait au vivant comme
étant elle aussi une chose " établie" au même titre que la rotondité de la terre, le mot théorie n'étant jamais prononcé ni même évoqué.
Comme si on remplaçait un dogme par un autre.

Si la démarche scientifique se doit en théorie d'être toujours empreinte d'humilité et de doute, ce qui pour moi la rend admirable, personnellement je ne retrouve pas ces 2 qualités dans
le comportement de l'évolutionisme vis à vis du public ou des autres courants minoritaires comme le créationisme.
Même (et surtout) si elle se trouve toutes les raisons de se considérer comme un fait scientifiquement prouvé et tentée de disqualifier d'emblée toute autre explication, la tentation du dogme est
bien là.






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P

Vous avez raison, je partage moi aussi votre opinion. La dérive du "tout scientifique" porte un nom c'est le scientisme. Tout système clos est par définition "totalitaire" au sens où il tend à
s'imposer comme ne pouvant être remis en cause. Par nature l'approche scientifique se doit d'inclure le scepticisme. Cela dit, plus il y a de pressions venant de l'obscurantisme, plus les
scientifiques se braquent et sont tentés par la scientisme. Mais entre le scientisme et la crédulité ou la propagande religieuse, il reste de la place pour la vraie science. Celle qui avance en
dotant, mais peu à peu apporte des preuves. Merci de votre contribution.


J

Belles explications très fouillées de la remarque de cet Internaute, mais elles ne m'apparaissent pas assez complètes pour reconnaître que la Théorie de l'évolution est "une réalité maintes fois
vérifiée" !
Qu'en est-il de la reproduction scientifique de l'apparition spontanée de la vie, dans la soupe originelle (reproduite) ? Qu'en est-il de la survenue du Big Bang (reproduite) ? Qu'en est-il des
bifurcations entre les branches de l'évolution, avec les différents types intermédiaires des êtres vivants (reproduits ? Constatés car trouvés dans leur multitude, ,dans les terrains ?), Qu'en
est-il des cataclysmes dont la Terre a été l'objet, au fil du temps, qui ont fait changer à plusieurs reprises l'axe des Pôles, la position de la Terre par rapport à l'équateur, aux tropiques, avec
les changements radicaux de climat intervenus, sur chacune des zones de la surface de la Terre ? Tout ceci participant largement au fait qu'il n'y a jamais eu sur le long terme, un environnement
stable, uniforme, évoluant de façon continue et permanente, pour que la dégradation des isotopes radioactifs se soient toujours faite de façon stable et continue, sur notre planète, condamnant
totalement toute base linéaire, permanente, continue et régulière de leur dégradation, qui est la base "solide", des datations effectuées sur notre Planète.
Tant que nous serons incapables d'intégrer tous les événements qui sont survenus sur notre planète, identifiés dans toutes les disciplines, je pese que nous aurons des explications qui ne pourront
pas être totalement convaincantes...
ET comment intègre-t-on, dans la théorie de l'avolution, toutes les fosses qui ont été découvertes de part le monde par les paléonthologues et dans lesquelles on a retrouvé pèle-mêle, des animaux
d'Afrique (Lion, éléphant, hippopotame...) avec des animaux de zone tempérée (renard, loup), avec des animaux des zones pôlaires ou glaciaires (ours, élan, grizzli, rennes...), pouvant laisser à
penser qu'il y eu des raz de marée, ayant totalement arrasé les terrains, mélangé leurs différentes couches, brassé les fossiles dans les terrains, pour les laisser ensuite dans un ordonnancement
totalement différent de celui qu'aurait pu être celui lié à un climat calme, non changeant, évoluant linéairement, selon une permanence, qui semble bien être l'une des bases de la théorie de
l'avolution !!!


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