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Natures Paul Keirn NATURES, SCIENCE & TRADITIONS, CONSOMMATION & SANTÉ

Macron : I am rural très cher !

10 Avril 2018 , Rédigé par Paul Keirn Publié dans #Indignés !, #INDIGNé(e)S, #INDIGNÉ(E)S!

Macron : I am rural très cher !

Le 25 août 2017, j’écrivais :
« Il fallait être bien peu formé politiquement pour avaler la couleuvre selon laquelle il (Macron) était de droite ET de gauche, bien au-dessus des clivages. Macron est de cette droite ultra-capitaliste assez intelligente pour ripoliner ses propos de considérations sociales afin de calmer le bon peuple. Et ça marche ! Moins qu’il ne l’imagine et surtout beaucoup moins longtemps qu’il ne l’espère. La rue saura bientôt lui rappeler que seulement 24 % du peuple l’a élu». (lire)

Macron est bien un homme de droite
Il ne fallait pas être grand clerc pour l’affirmer sans se tromper, mais les faits accumulés confirment s’il en était besoin qu’Emmanuel Macron est bien un homme de droite, néo-capitaliste, fervent catholique (Cf discours à l’Église de France en date du 9 avril 2018 en contradiction avec la loi sur la séparation de l’Église et de l’Etat), pro chasse à courre, résolument orienté jeunes start-uper (c’est-à-dire jeunes bourgeois actifs, ceux qui ne sont «rien» qui restent sur le quai de la gare), pro-grandes villes où la vie marchande tourne à plein régime. Bref, le président de riches citadins et jeunes actifs bien nés. Comme lui, quoi.

La France ? Un machin à gérer comme une entreprise !
Macron considère que la France est seulement une gigantesque entreprise. Dès lors tout est clair : les vieux, les chômeurs, les malades sont des boulets ; les détenteurs de biens où l’argent est « pétrifié » (dans la « pierre ») sans circuler sont de mauvais français, les malades ne méritent pas mieux que d’être réparés dans des hôpitaux exsangues et les ultra-vieux que d’être maltraités dans des EHPAD en ruine.

Haro sur les boulets
Les retraités (qui ne produisent plus,  ne font pas circuler leur argent légitimement gagné et donc on pénalise les retraites), les ruraux (arriérés presque marginaux, pratiquant une économie médiévale), les non-actifs ou semi-actifs (sur lesquels le contrôle de Pôle emploi va s’accroître) ne méritent à ses yeux que mépris et ponctions. Sans oublier les cheminots que l’on fait passer pour des « nantis » ! 

Le salariat est un esclavage moderne
Jamais on n’a mieux senti que le salariat est un esclavage moderne, où l’on répare plutôt que soigner, où l’on entasse dans des wagons à bestiaux des forces productives qui n’ont pas accès aux bénéfices générés par leur travail, puisqu’il est seulement destinés aux dividendes des fonds de pension internationaux. Le social est juste là pour conserver à minima les capacités productives de robots biologiques. 

Plus on est riche moins on paie ! 
Les grandes sociétés et notamment les GAFA (Google, Apple Facebook, Amazon) se dispensent de payer l’impôt ou seulement dans des pays à faible imposition. Mais jamais là où naissent les recettes. Les bourgeois ont toujours un ami notaire (charge médiévale intouchable) pour trouver une niche fiscale à exploiter. Les autres, les pauvres, les prolétaires (ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre), eux, sont bons à payer, payer, payer. A ce point que la fiscalité n’a jamais été aussi élevée depuis 1965 ! Encore était-ce une date internes aux « 30 glorieuses », à forte croissance, avant 1974, premier choc pétrolier.

De qui se moque-t-on ?!
Alors ce n’est pas son interview par TF1 le jeudi 12 avril 2018, dans une petite ville à la campagne qui va modifier l’opinion publique. De qui se moque-t-on ?!
Les français, du moins ceux qui sont à ce point peu politisés qu’ils ont cru à un « ni droite ni gauche », sont quand même plus intelligents qu’il ne l’imagine : ce benêt hautain, formaté dans les banques, croit-il que parler depuis la campagne va le délester à nos yeux de son mépris profond d’une ruralité qui pour lui se limite aux alentours de Deauville ? A rouvrir les chasses à courre présidentielles ; à diviser par deux le prix du permis de chasse ! C’est là qu’on voit, notamment, la limite de ce qu’il est. Bien peu d'humanité !

Des réformes oui, mais pas n’importe lesquelles !
Si les français sont résolument pour des réformes, surtout après l’ère de chèvrechoutiste d’un François Hollande, spécialiste des nano-mesures, il n’en demeure pas moins que souhaiter des réformes ne signifie pas accepter n’importe lesquelles ! Et surtout pas celles qui ruinent des décennies de défense de l’univers social, dernier rempart de la survie.

Paul KEIRN

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