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Natures Paul Keirn NATURES, SCIENCE & TRADITIONS, CONSOMMATION & SANTÉ

La toute première fleur du monde : Amborella trichopoda ?!

25 Novembre 2010 , Rédigé par Paul Keirn Publié dans #BOTANIQUE

Amborella trichopoda gros plan Un beau jour, il y a environ 135 millions d'années, dans la chaleur moite du matin s'ouvrait la toute première fleur du monde. Un nouveau mode de reproduction venait d'apparaître. Cette fleur, Amborella trichopoda est endémique de Nouvelle -Calédonie. Elle est née sur un arbuste "dïoique", c'est-à-dire présentant soit des fleurs mâles, soit des fleurs femelles (en fait, il présente les deux, mais avec une forte dominance de l'un ou l'autre sexe). 
 Des fleurs aujourd'hui inodores, de mars à mai, par grappes de 2 à 30 fleurs à l'aisselle des feuilles ou directement sur les tiges de l'arbuste. Des fruits rouges le restant de l'année, en drupe, contenant chacun une seule graine rugueuse. Amborella trichopoda est considérée sur la base des analyses génomiques* comme la plante à fleurs la plus ancienne (XVIème Congrès de Botanique? St Louis, Missouri, USA, Août 1999).

*Si la génétique est la science de l'hérédité ou étude de la transmission des caractères héréditaires et par extension étude de la transmission des gènes qui sont les facteurs qui déterminent ces caractères héréditaires, la génomique est la discipline qui considère le génome dans son entier et étudie la structure et le fonctionnement de tout le génome, autrement dit de l'ensemble du support de l'information qui détermine la nature d'un organisme.

  amborella en new caledonia

Taxonomie directe: Tracheophytes > Angiospermes > Dicotyledones > Amborellaceae > Amborella > Amborella trichopoda
De taille relativement restreinte puisque ses arbustes atteignent de deux à six mètres, la plante a été découverte, nommée et décrite pour la première fois en 1869 par le botaniste BAILLON du Muséum d’Histoire Naturel de Paris.

Habitat : sous-bois de la forêt dense humide
Altitude : entre 200 et 1 000 mètres.
Substrat : sol plus ou mois profond sur substrat schisteux
Feuilles alternes (phyllotaxie distique), pétiolées, arrondies ou aigues au sommet, arronde à la base, marge ondulée voire dentée
(Sur la carte ci-contre, les points rouges indiquent les stations répertoriées)

L’Amborella trichopoda est une plante quasi commune en Nouvelle-Calédonie. Elle est répandue à travers la partie centrale de la Grande Terre et pousse notamment sur les pentes du plateau de Dogny (Sarraméa) et au Col des Roussettes (Bourail).
Arbuste sarmenteux, haut de 2-6m, dioïque.
Répartition en Nouvelle-Calédonie : la partie centrale de la Grande Terre : de Dogny - Mt Canala, jusqu'au Mt Tonine (Touho).

map amborella1

Le caractère archaïque d'Amborella tient à la structure de son bois. Il ressemble fortement, dans sa constitution, à celui de la fougère. Ses vaisseaux conducteurs de sève sont imparfaits, contrairement à ceux de la plupart des autres plantes. Ce qui explique que l'on trouve l'Amborella en milieux humides. 


"Une survivante de Gondwana

«La Calédonie est le conservatoire d'une flore très ancienne qui existait dans le Gondwana, territoire qui, il y a 80 millions d'années, regroupait l'Australie, l'Antarctique, la Nouvelle-Zélande et la Calédonie, bien avant la dérive des continents. Après la séparation de ces terres, il y a 60 millions d'années, elle est le seul territoire à avoir conservé ses conditions climatiques. D'où la préservation de certaines espèces de plantes », estime le Docteur Tanguy JAFFRE, chercheur en botanique à l'IRD (Institut de recherche pour le développement).
Amborella trichopoda serait apparue il y a 135 millions d'années. Une datation que les chercheurs sont parvenus à déterminer grâce à une technique avancée de biologie moléculaire. Ce sont en fait les empreintes génétiques de la plante qui ont révélé son long passé.
Pour l'heure, cette découverte annoncée début août 1999 à Saint-Louis (Missouri, Etats-Unis) lors du XVIe Congrès de Botanique, a enfin permis de classer l'Amborella, et de mettre une nouvelle fois sur le devant la scène la très grande richesse de la flore calédonienne. Jusqu'à présent en effet, et c'est ce qui faisait son intérêt pour les scientifiques, Amborella trichopoda n'entrait dans aucune famille.
Les recherches la concernant continuent. Le Dr TOBE, spécialiste japonais en biologie moléculaire et en anatomie florale, vient de demander à l'IRD des échantillons de fleurs mâles de l'Amborella, afin de progresser dans la connaissance de cette espèce atypique et de comparer son évolution avec celle des espèces actuelles.
Contact Institut de Recherche pour le Développement / IRD
101, promenade Roger Laroque
Tel : (687) 26 10 00
Sources : http://www.ird.nc"

amborella 99-08-30 200 "Elle tient surtout son caractère archaïque de la structure de son bois. Il ressemble fortement, dans sa constitution, à celui de la fougère. Ses vaisseaux conducteurs de sève sont imparfaits, contrairement à ceux de la plupart des autres plantes. Ce qui explique que l'on trouve l'Amborella en milieux humides."

 amborella feuilles  amborella fleurs et feuilles

"Amborella trichopoda est une espèce d’arbuste de sous-bois endémique de Nouvelle-Calédonie. Il s’agit de l’unique espèce de la famille des Amborellaceae et de l’ordre des Amborellales. Ce n’est que très récemment, avec les études de phylogénies moléculaires qu’il a été montré que cette espèce était à elle seule le groupe frère de toutes les autres plantes à fleurs (Angiospermes) actuelles (Soltis et al., 1997 ; Mathews & Donoghue, 1999 ; Qiu et al., 1999) ce qui fait d’Amborella un sujet d’étude de choix pour comprendre l’évolution des plantes à fleurs, notamment la transition Gymnospermes- Angiospermes. Amborella est un arbuste pouvant atteindre 6-8m, et présente des pieds mâles et femelles (espèce dioïque). Le pic de floraison se déroule de mars à mai (Jérémie, 1982), et des fruits on été observés toute l’année, mais un suivi phénologique plus précis serait nécessaire pour préciser la présence d’un éventuel pic de fructification, l’état de maturité n’étant souvent pas préciser sur les récoltes d’herbier.
Un consortium de laboratoires américains a déjà commencé à constituer des ressources génomiques à partir d’un génotype unique. Des EST, des séquences d’extrémités de clones BAC et quelques séquences de clones BAC entiers sont disponibles. Si les données génomiques s’accumulent, il n’en demeure pas moins que la diversité génétique d’Amborella est inconnue."

Source : http://www.tela-botanica.org

 
amborella fleur new cal  

 
amborella red  
   
Amborella trichopoda 2 DR 
Amborella trichopoda 3  
  Photo DR  
Amborella4  
 Photo DR
 
Amborella trichopoda gros plan  
  Photo DR
 
amborella reconstitution 2.25mm  
Il est évident que depuis 135 millions d'années, Amborella a évolué. Tout comme le chimpanzé d'aujourd'hui n'est pas notre ancêtre, mais notre cousin. Les chercheurs ont tenté, sur des bases génétiques, de reproduire telle qu'elle apparut (image noir & blanc), d'un diamètre de 2,25 millimètres.    

 
Fruits-Amborella graines  

 

 

 

 
   
Sources :
http://www.endemia.nc/plante/fiche.php?code=254   
http://www.ird.fr
http://flv.ird.fr/amborella/amborella.flv
http://www.nouvellecaledonietourisme-sud.com/fr/decouvrir-la-nouvelle-caledonie/zoom/734-amborella-trichopoda
http://www.tela-botanica.org/actu/article3341.html
 
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P


Très très intéressant ton article paul!!! J'ai appris une foule de choses!


Merci et bravo pour la documentation


bien cordialement


Paul



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P


Merci ! Colfeur ?



P


Bonjour,


Je viens de chez "Marcel" et j'ai cliqué sur ton lien Et bien.... je viens d'apprendre une foule de choses!! En voyant l'article (je suis à la recherche de photos, surtout....) je me suis fait
comme première réflexion : ouhhh c'est long à lire... et puis et puis et bien j'ai lu jusqu'au bout et c'est très intéressant! Merci et bravo pour la documentation!


Très bonne fin de journée et à bientôt j'espère. Pour la part je reviensdrai lire les autres articles de ton blog qui me parait être une mine d'information et de savoir!


Cordialement


Paul



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P


Bonsoir ! Oui, je dialogue de temps à autre avec Marcel, c'est sympa. Oui j'aime bien apprendre des choses nouvelles et ensuite les partager. Et surtout que ce ne soit pas seulement la recopie de
ce qui est ailleurs, mais que ce soit un peu un travail en profondeur. Alors, à bientot !


Paul



P


Tout-à-fait étonnant !


Comment une plante née sur île et dioique de surcroît a-t-elle pu arriver jusqu'à nos jours, sans changement.


Ses conditions de vie lui conviennent-elles tellement qu'elle n'a pas été obligée d'évoluer pour survivre ?


Je ne suis pas sûre de comprendre : si Amborella est la seule de sa famille, il doit y avoir une autre plante à fleur/mère de toutes les autres ? 


J'imagine, au nombre de questions que ma petite tête de piaf se pose, combien s'en posent les chercheurs ? ;)


Bonne soirée Paul.



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P


Le fait qu'Amborella existe aujourd'hui ne signifie pas qu'elle n'a pas évolué. Bien sûr elle a évolué, mais assez peu (voir la photo noir & blanc dans l'article) : il semblerait, d'après les
reconstitutions qu'au départ elle mesurait 2,2 millimètres de diamètre.


Bien sûr il y a une plante-mère d'où est issue Amborella, mais précisément il semble bien qu'il ne s'agit pas d'une plante à fleurs, mais d'une plante ayant un autre mode de reproduction.
D'ailleurs toutes les plantes ont conservé plusieurs modes de reproduction (bouturage, marcotage, graine)...