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Natures Paul Keirn NATURES, SCIENCE & TRADITIONS, CONSOMMATION & SANTÉ

L'arbre choisit de faire tomber ses feuilles...

22 Octobre 2009 , Rédigé par Paul Keirn Publié dans #BOTANIQUE

(Photo Cluzeaudsur Zphoto.fr) - Les frimats reviennent, alors les feuilles jaunissent, puis se recroquevillent et...se ramassent à la pelle.Faux ! Archifaux !
Une vision de l'arbre passif intégrée en nous depuis l'école ; celle de végétaux immobiles, prisonniers qu'ils sont les pieds enracinés dans la terre. Donc une impossibilité de concevoir que l'arbre est actif et intelligent.
Quand l'automne s'avance, il est vrai que la température fraîchit. L'humain le constate. Mais, il se pourrait que la température évolue en dents de scie. Aussi, l'arbre ne fonde pas sa dormance sur la température. Il s'appuie en réalité sur la décroissance de la durée du jour. C'est une valeur sûre : elle est régulière, inéluctable, indépendemment de la température.

Alors que fait-il ? Econome, fonctionnant au principe de la moindre perte d'énergie, il récupère tous les sucres, les sels minéraux et autres substances qui se trouvent dans ses feuilles. C'est pourquoi les feuilles jaunissent. Le stockage se fait à la base du tronc ou plus bas encore. C'est l'arbre qui a choisi de stocker ses biens les plus précieux.

Mais ce n'est pas tout c'est également lui qui décide de la chute de ses feuilles et non le climat. Il injecte à la base de chaque feuille de l'acide abscissique, qui a pour effet de faire mourir les cellules de jonction entre la feuille et la branche. Inutile de dépenser plus : le vent se chargera de les faire tomber.

Il y a plus étonnant encore : l'arbre a de la mémoire. Si l'été en cours est particulièrement chaud et sec, l'arbre souffre. L'année suivante - quel que soit le climat - il produira moins de feuilles pour éviter l'évapo-transpiration excessive qu'il a vécu lors de l'année précédente(mémoire du stress). Mais où est donc cette mémoire ? La compréhension du phenomène est loin d'être totalement connue. Il est fascinant de voir à quel point on arrive rapidement aux confins du savoir ! Surtout lorsqu'il s'agit des plantes.

Cela dit les "méristèmes" sont forcément en cause. Il s'agit de ces amas de cellulles bien visibles à l'aisselle de chaque feuille. Ce sont des cellules-souches. Elles sont indifférenciées (comme chez l'humain) et peuvent devenir feuille ou racine ou fleur. Ainsi, chacun a pris plaisir à planter un noyau d'avocat dans son appartement. Au terme d'un mois ou deux une tige d'un mètre de haut est surmontée par deux petites feuilles un peu ridicules. C'est que nous ne sommes pas dans les conditions de la nature. L'arbre ou la plante naissante "attend" d'être broutée par les animaux. Chaque fois que cela se produit un méristème crée deux branches au lieu d'une et la surface foliaire est ainsi doublée. L'une des deux branches est-elle à nouveau broutée, la branche se divise à nouveau en deux. Comme le balai dans "L'apprenti sorcier". La taille est loin d'être une invention humaine.

Les capacités d'adaptation et de survie des arbres sont supérieures à celles des animaux. Le soleil, les sels minéraux et le gaz carbonique suffisent à leur vie et à leur reproduction. Alors que tout le reste du monde animal a fait l'impasse sur la synthèse des vitamines et bien d'autres substances chimiques. Toujours le principe d'économie. Les herbivores s'appuient sur les plantes et les carnivores sur les herbivores. Sans les algues, plantes et arbres, ni oxygène, ni herbivores, ni carnassiers...Ni Hommes.
Les plantes et arbres disposent de nombreuses autres stratégies d'adaptation : une branche touche-t-elle le sol que les méristèmes lancent des racines et ce marcottage naturel produit un clone de l'arbre dont il est issu. Mais les populations de clones sont fragiles. Un seul virus peut détruire la population clonée. C'est pourquoi l'arbre a trouvé une riposte préventive : les branches maitresses n'ont pas le même génome, comme s'il s'agissait d'être différents. Ainsi un virus peut tuer une branche maîtresse, voire deux, mais pas l'arbre tout entier. Ce n'est là qu'un exemple, parmi des centaines d'autres.

Tous les végétaux fonctionnent ainsi et semblent choisir leurs réactions selon les conditions qu'ils rencontrent. Mais, il est pour nous difficile de concevoir des décisions décentralisées, tant nous sommes marqués par le pilotage cortical centralisé qui caractérise, semble-t-il, notre cerveau.

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