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Natures Paul Keirn NATURES, SCIENCE & TRADITIONS, CONSOMMATION & SANTÉ

Nuage radioactif en France : votre compteur Geiger online - suivi quotidien des mesures de contamination

23 Mars 2011 , Rédigé par Paul Keirn Publié dans #ENVIRONNEMENT MONDIAL

 

Observatoire radioactivité fukushima nuage natures paul ke Lire ci-dessous avant de cliquer ->  compteur-geiger-vertical

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Au sommaire de cet article :

- Outil de mesure en ligne de l'IRSN

- Quels sont les risques attendus sur la France? Document CRIIRAD
- pico, nano, micro, milliSievert...s'y retrouver dans les grandeurs 

- La mesure de la radioactivité dans 147 villes de France

- Les mesures en direct de l'IRSN...Calculer votre dose de rayons cosmiques

***

L'outil de mesure de l'IRSN fonctionne (cliquez sur la carte, puis pointez la flècche sur la ville de votre choix, double-cliquez pour zoomer)

Mesures de l'iRSN on line
http://www.irsn.fr/FR/Documents/france.htm

VOTRE OUTIL DE MESURE  CRIIRAD - Vous permettre de suivre quotidiennement les relevés de mesure de contamination faits par la CRIIRAD, également visibles sur www.criirad.org (découvrir ou redécouvrir cette association totalement indépendante, essentielle, plus avant), telle est l'idée. Cela vous permettra de mieux connaitre le site de la CRIIRAD et les actions de cette assocation qui, pour ma part, est la seule en qui j'ai totalement confiance.

En cliquant sur l'une quelconque des images ci-dessus, vous avez accès aux relevés de mesures de contamination des balises de la CRIIRAD, sur trois zones le long du Rhône. Si un quelconque nuage radioactif passait sur le territoire métropolitain, ces balaises réagiraient et les mesures seraient mises à jour. Le nuage radioactif de Fukushima peut être à ce point dilué que les balises ne réagissent pas. D'autres accidents nucléaires peuvent hélas survenir, ces accès continueront de fonctionner. La mise à jour est quotidienne.

Une précision : l'image de la France sur le picto d'ouverture montre la pollution lumineuse et non la radioactivité !

L'idée de vigilance, au-délà de l'émoi lié à une actualité, est peut-être la deuxième idée : ne pas s'arrêter dans parler, d'apprendre, de surveiller, de réfléchir au problème complexe de l'énergie nucléaire et des radiations.
Etre vigilant, parce que nous sommes désormais tous concernés et pour des générations et des générations. C'est aussi cela le choix du nucléaire.

L'idée d'apprendre ce avec quoi nous allons vivre, des possibilités d'"excursions radioactives", c'est mieux éviter les mouvements de panique. Après le harcèlement des pharmaciens pour des cachets d'iode, ces deux derniers jours virent la disparition des stocks de compteurs Geiger-Müller...

compteur geiger indisponible

C'est pourquoi, NATURE(S) a collecté le plus possible d'informations simples pour mieux lire les informations que nous recevons par les médias. Bien connaître les unités de mesure et les doses, savoir lire entre les lignes,  

 

Ci-contre, aujourd'hui..Le compteur Geiger se fait rare !
8 à 9 semaines de délai !! 

Le compteur Geiger, ou compteur Geiger-Müller (ou compteur G-M), sert à mesurer un grand nombre de rayonnements ionisants (particules alpha, bêta ou gamma et rayons X, mais pas les neutrons). Cet instrument de mesure, dont le principe fut imaginé vers 1913 par Hans Geiger, fut mis au point par lui et Walther Müller en 1928 (dixit wiki).

LA CRIIRAD LogoCRIIRAD

La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) est une association loi de 1901 française agréée dans le cadre de la protection de l'environnement. Elle conduit des études et des analyses dans le domaine de la radioactivité. Elle a été créée en mai 1986 par Michèle Rivasi à la suite de l'accident de Tchernobyl. La CRIIRAD a une structure bénévole (environ 4 700 adhérents) ainsi qu'une structure salariée (une douzaine de salariés).Elle comprend notamment un laboratoire d'analyse possédant un certificat de qualification technique délivré par le ministère de la Santé, équipé pour le dépistage et l'identification des pollutions radioactives (aliments, eau, gaz radon, etc.). Composée d'une équipe de scientifiques, elle effectue des interventions tant en France qu'à l'étranger. La CRIIRAD est financée par les travaux qu'elle effectue (plus de 1 000 études et analyses depuis sa création) et les cotisations de ses adhérents.Les missions que s'est fixée la CRIIRAD sont les suivantes ¤ contrôler la radioactivité dans l'environnement, en s'appuyant sur son laboratoire ;
¤ informer ses adhérents, et plus largement la population (publications, communiqués de presse, présence sur des salons) ;
¤ protéger la population en alertant les autorités (sites pollués, règlementation inadéquate), en demandant des modifications de lois ou accords par des actions militantes ou judiciaires. Le site : http://www.criirad.org 
CRIIRAD - 471, avenue Victor Hugo - 26000 VALENCE - FRANCE

 -o0o-


Les mesures : milli, micro, nano, pico Sievert

Connaitre les préfixes des unités de mesure est essentiel si l'on veut comprendre quelque chose. Bien différencier milli, micro, nano et pico est le début de la lecture des textes qui viendront après.

sievert milli micro nano pico

Les préfixes correspondent à des fractions de l'unité de bae, ici le Sievert. Chaque préfixe correspond à une tranche de 1000 (ou trois zéros) :

- Le millième de Sievert est le milliSievert, noté mSv , soit 1/ 1000
- Le millionième de Sievert est le microSievert, noté avec un h à l'envers, μ ,"mu" en grec, noté μSv soit 1/1 000 000 ou encore 1 million de μSv = 1 Sv
- Le milliardième de Sievert est nommé nanoSievert, noté nSv (1 divisé par 1 000 000 000)
- Le mille milliardième (encore trois zéros de plus) est le picoSievert, noté pSv

Désormais les textes prennent  plus de sens :

"La limite autorisée pour l'exposition de la population aux rayonnements artificiels, en France : 1 mSv/an/personne (Code de la santé publique, Article R1333-8)."

Les doses concernant la centrale de Fukushima sont généralement exprimées en mSv/h, en milliSievert par heure. 
N'oublions que les doses reçues sont cumulatives. Elles s'additionnent tout au long de notre vie : radiations naturelles des sols, des rayons cosmiques, de la photoscopie chez le médecin, des effluents de la centrale voisine, etc.

On pouvait lire dernièrement : "Le taux de radioactivité à la centrale N°3 est de 400 milli sievert et se répand autour des centrales. Cette dose est dangereuse pour l’homme par destruction des cellules sanguines"  

Il s'agit de 400 mSv/heure ! Soit 400 fois la dose "légalement" admise en France pour une année.

Un autre : "la limite autorisée pour les personnels exposés, en France : 20 mSv sur douze mois glissants par personne (Dosimétrie réglementaire), dosimétrie mensuelle fixée à 1,5 mSv, dosimétrie fixée par les entreprises à 16 mSv/an (Code du travail, Article R231-76).

Vous connaissez les fractions de Sievert, alors lisons le communiqué du CRIIRAD :PANACHES RADIOACTIFS :

-o-
 

Quels sont les risques attendus sur la France ?

Document CRIIRAD 

visible sur http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon/11_03_21_France_AIR.pdf

 

ESTIMATION PRELIMINAIRE DES NIVEAUX DE RISQUE PAR LA CRIIRAD

Sur la base des éléments qu’elle a pu collecter, la CRIIRAD considère que :

· le risque d’irradiation* par les masses d’air contaminé sera négligeable (les personnes qui disposent d’un radiamètre ne devraient pas mesurer d’augmentation du bruit de fond ambiant mais nous invitons les personnes qui sont équipées à le vérifier : une mesure vaut mieux qu’une prévision) ;

· le risque associé à l’inhalation des aérosols et halogènes radioactifs présents dans l’air devrait être très faible**. Les calculs de dose précisés ci-dessous indiquent que la mise en oeuvre de contremesures, notamment la prise de comprimés d’iode stable***, n’est pas justifiée.

Nous avons essayé d’estimer les niveaux de dose résultant de l’inhalation des radionucléides dont la présence est documentée : césium 137, césium 134, iode 131, iode 132, iode 133 et tellure 132. Le premier calcul a été conduit pour une activité de 1 mBq/m3 pour le césium 137 (estimation donnée par l’IRSN) et de 125 mBq/m3 pour l’iode 131 (sur la base du rapport isotopique mesuré par TEPCO devant la centrale de Fukushima Daiichi le 19 mars 2011 à 12h - heure locale). Le calcul a été effectué en supposant que les panaches radioactifs restent présents sur la France pendant 1 semaine et sans que leur activité diminue.

Conclusion : une personne (adulte ou enfant) qui respirerait l’air contaminé 7 jours durant, recevrait unedose de rayonnement inférieure à 1 µSv, soit un niveau de dose négligeable ;

En prenant une marge de sécurité par rapport à l’évaluation de l’IRSN (soit 10 mBq/m3 en césium 137 au lieu de 1 mBq/m3), les doses s’élèvent à 2 µSv pour l’adulte et à 8 µSv pour l’enfant.

· le risque d’irradiation des personnes par les produits radioactifs déposés sur les sols sera négligeable, n’induisant aucune augmentation mesurable du bruit de fond ambiant (là encore ceci pourra être facilement vérifié par des mesures radiamétriques) ;

· le risque lié à l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par les retombées radioactives devrait rester limité. Le laboratoire de la CRIIRAD évaluera le plus rapidement possible les quantités de radioactivité déposées au sol (dépôts sec et dépôts liés aux précipitations) afin de vérifier les ordres de grandeurs attendus dans les aliments et de donner, si nécessaire, des conseils adaptés.

En conclusion, le passage des masses d’air contaminé sur la France ne doit pas générer trop d’inquiétudeCependant, compte tenu du manque crucial de données, la CRIIRAD est contrainte de laisser certaines affirmations au conditionnel. Ceci devrait pouvoir être corrigé très rapidement. Son laboratoire a procédé, dès aujourd’hui, sur plusieurs de ses balises à des prélèvements de filtres à poussières et de filtres à charbon actif afin de vérifier que l’air que l’air que nous respirons n’est pas encore contaminé.

Les premiers résultats, qui concernent la balise implantée à Romans-sur-Isère, dans la Drôme, confirmentl’absence de contamination mesurable dans l’air jusqu’à la date du prélèvement, le lundi 22 mars 2011 à 10 heures : pas de césium 137 dans le filtre aérosols, ni d’iode 131 dans la cartouche à charbon actif.


* Il s’agit de l’exposition des personnes aux rayonnements émis par les produits radioactifs présents dans les panacheset qui se désintègrent. Un peu comme on peut être exposé aux rayonnements ultra-violets émis par le soleil. Il n’y a pas d’incorporation de produits radioactifs ;

** Sous réserve cependant que les radionucléides significatifs sur le plan dosimétrique, mais qui n’ont pas fait l’objet de mesures, restent dans les rapports attendus. Il s’agit notamment des isotopes du strontium et du plutonium.

*** En revanche, le contexte actuel peut amener chacun à réfléchir à l’équilibre de son régime alimentaire et à vérifier s’il n’est pas carencé en iode (la thyroïde a besoin d’iode stable pour fabriquer les hormones nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme). Rappelons également que lorsque la thyroïde est carencée en iode, elle fixe d’autant plus l’iode radioactif.

Document CRIIRAD

Ces contrôles seront intensifiés dans les jours à venir de façon à confirmer aussi rapidement que possible (et le cas échéant à corriger) les informations rassurantes données ci-dessus. Si les conditions météorologiques le permettent, seront également effectuées des analyses d’eau de pluie qui renseigneront sur l’ordre de grandeur des dépôts au sol. Dans tous les cas, il sera procédé à des mesures des dépôts secs afin de vérifier le niveau de risque pour la chaîne alimentaire. Rappelons que la contamination des aliments type lait, fromage, viande ne s’effectue qu’avec un certain délai : la CRIIRAD disposera d’ici là de données chiffrées et tous les résultats seront rendus publics.

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LA RADIOACTIVITE DES VILLES DE FRANCE

radioactivité des villes de france de linternaute - nature

Le site de l'Internaute a fait un travail de compilation remarquable sur la base des données de l'IRSN. Désormais vous pouvez lire les mesures de radioactivité des plus d'une centaine de villes de France. Réalisées du 1 au 15 mars 2011, elles peuvent servir de base à des comparaisons.
147 villes, avec des résultats que vous pouvez désormais apprécier : de  Montluçon, 224,9 nanoSieverts/heure à Digne-les-Bains, 44,3 nSv...A découvrir.

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On peut également savoir, si l'on prend l'avion, quelle dose de rayonnement cosmique on reçoit :

rayons cosmiques avion paris tokyo - natures paul keirn

Pour faire vos propres mesures, cliquez ICI

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Pour en finir - pour aujourd'hui - l'analyse de bien des sites portant sur le nucléaire me donne l'impression suivante, sans qu'elle soit pour autant mesurée : plus une institution insiste sur la radioactivité NATURELLE, plus elle est pro-nucléaire et/ou défend les intérêts du nucléaire ou tente de rassurer la population...Avez-vous la même impression ?

A SUIVRE...

 

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C
Bonjour, je sais que l'article est daté, mais avez vous vu qu'une grande campagne de mesure vient d'être lancé pour les 30 de tchernobyl? On en saura donc un peu plus sur la durée des retombées
radiatives (en france notamment).
Répondre
P


Bonjour ! Non je n'ai pas vu cette info. Merci de m'en informer. Avez vous un lien vers cette info que je ne manquerais pas de commenter ? 



P


bonjour,


j'avais une question à propos du nuage, je comprends pas, existe t'il vraiment alors que les fuites venant du japon sont en continu? je suis perso très inquiète pour la chaine alimentaire, le
cancer oui mais aussi la disparition annoncée du grand bonheur que représente le fait de manger, ce qu'on prépare, ce qu'on va chercher au marché, ce qu'on fait pousser, tout cela risque de
disparaître au profit du nouveau marché, réservé aux plus riches, du certifié non contaminé, tout cela est terrifiant car ce qui se profile, au-delà de la question de la santé, c'est la
disparition encore de quelque chose qui fait qu'on se sent vivant, en contact avec la matière,


vous avez bien raison de vouloir creuser cette question.



Répondre
P


Bonsoir. Je crois qu'il ne faut pas trop trop voir tout en noir. Bien sûr le nuage existe vraiment, surtout pour les Japonais. En ce qui nous concerne - pour l'instant - il nous arrive tellement
dilué que la radioactivité est inférieure au seul de sensibilité des balises de mesure. Donc pour l'instant aucun danger. Cela dit, les doses s'ajoutent aux doses et ce n'est jamais bon, c'est
cummulatif. Dans tous les cas, il y a concentration par la chaine alimentaire : l'herbe absorbe l'eau de pluie contaminée, la vache mange l'herbe radioactive et sa viande est contaminée. En cas
de vraie catastrophe mondiale, il est certain, comme vous l'imaginez avec frayeur, que naitraient des marchés parallèles et à n'en pas douter que les plus aisés survivraient mieux que les plus
pauvres. N'est-ce pas déjà le cas ?