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Natures Paul Keirn NATURES, SCIENCE & TRADITIONS, CONSOMMATION & SANTÉ

BOYCOTT !

11 Novembre 2011 , Rédigé par Paul Keirn Publié dans #MIEUX CONSOMMER !

Pour le boycott !

On réduit trop souvent le « pouvoir d'achat des ménages » à leur capacité financière à acquérir des biens de consommation.

Le pouvoir d'achat est d'abord un pouvoir ! Un pouvoir d'acheter mais aussi un pouvoir de ne pas acheter, si cela ne convient pas. Il faut le rappeler. 

Un pouvoir très limité pour certains. 

« Certains » étant de de plus en plus nombreux en ces temps « de crise ».

Mais est-ce bien notre crise ? Sûrement pas ! Nous savons que la crise est systémique, celle du système résumé sous le terme, certes épuisé, de « système capitaliste » ; épuisé mais ô combien plus réel que jamais. Celui de la maximisation du profit à court terme au mépris de toutes les règles morales qui nous sont imposées depuis l'enfance. Des règles qui semblent faites pour les citoyens, mais pas pour les tenants des pouvoirs. De qui se moque-t-on ? 

De vous ! De moi !


Alors le boycott ?


La crise devient « nôtre » par la règle du jeu des banques et des multinationales, avec la complicité forcée des états et des gouvernances. Si les gouvernements sont soumis à des élections, les banques ne le sont pas. Les banques créent l'argent (en prêtant) et tiennent les états au creux de leurs pattes.

La règle du jeu, tout le monde l'a comprise aujourd'hui : si les banques gagnent, elles gardent les bénéfices. Si elles perdent, elles vous obligent à  partager les pertes, via les impôts et les taxes. Même les casinos ne sont pas allés jusque là.  Personne n'y entrerait !

Nous sommes de toute évidence les invités d'un dîner de cons mondialisé.


Alors le boycott ?


Des évidences ? Sans doute ! Alors, il faut aller plus loin. Ne pas se contenter d'observer la technique de plumage dont nous sommes indéfiniment l'objet. 


Nous sommes indignés. Et notre indignation doit nous conduire à réagir avec les « armes » dont nous disposons.

Les armes du citoyen, acquises au prix de nombreux morts, il ne faut jamais l'oublier, c'est l'adhésion à une association de droit (loi 1901) ou de fait, un syndicat, un parti politique. C'est participer à une manifestation, utiliser notre droit de publier (loi du 29 juillet 1881 – la même que le « défense d'afficher »), ce que je fais en ce moment même. Tout comme la défense de notre droit de ne pas « croire » (la laïcité) plutôt que de sombrer entre les mains d'un Église généralement soumise aux puissants.

Le citoyen-consommateur n'est pas un de ces groupes. C'est, tel que le dit la sociologie, une masse. Une masse n'a pas de direction coordonnée. Elle fluctue au gré des opinions de chacun de ses membres, sans concertation.


Alors le boycott ?


Mais aujourd'hui, les personnes composant cette masse sont reliées par le mobile (textos et photos) et le net. Et cela est nouveau. La masse est dotée de milliers de caméras. C'est elle qui est sur le terrain et alimente les média audio-visuels. Et cela est nouveau. Les révolutions du printemps arabes n'auraient pu avoir lieu sans ses outils de coordination que les pouvoirs ne peuvent jamais totalement maîtriser. Puisqu'ils ont été conçus par dès l'origine pour ne pas l'être (Cf. l'histoire d'internet).

Ce qui est nouveau, c'est que la masse est plus intelligente qu'autrefois: plus clairvoyante, plus éduquée, plus communicante. Son pouvoir s'est accru. Il ne produit plus seulement des explosions sociales, il peut intervenir dans la durée. L'indignation est une révolte qui ne s'éteint pas. 

Alors le boycott ?

Alors le boycott, parlons-en ! On nous l'a volé !

"LIBERATION - Le 19 novembre 2010 

Il est désormais interdit de boycotter

la Chancellerie a eu cette idée extraordinaire selon laquelle tout appel au boycott des produits d’un pays n’était qu’une «provocation publique à la discrimination envers une nation»...

Je laisse l'écran à Benoist HUREL Secrétaire général adjoint du Syndicat de la magistrature :

On a les victoires qu’on peut : Michèle Alliot-Marie a, il y a quelques mois, par une simple circulaire, commis un attentat juridique d’une rare violence contre l’un des moyens les plus anciens et les plus efficaces de la contestation des États par les sociétés civiles, à savoir le boycott. Le 12 février, la Chancellerie a eu cette idée extraordinaire selon laquelle tout appel au boycott des produits d’un pays n’était qu’une «provocation publique à la discrimination envers une nation», punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Le ministère demande aux procureurs de la République d’assurer une répression «ferme et cohérente» de ces agissements.

Soyons justes : la paternité de cette brillante initiative revient au procureur général de Paris qui avait, dans son rapport de politique pénale 2009, suggéré que «les faits de boycott ou de provocation au boycott peuvent s’analyser, selon les espèces, soit en une provocation à la discrimination, soit en une discrimination ayant pour effet d’entraver l’exercice d’une activité économique». On peut rappeler les actions de ce type dans l’histoire : boycott du Royaume-Uni en 1930 initié par Gandhi contre la colonisation, boycott de l’Afrique du Sud dans les années 70 par les militants anti-apartheid, boycott, à la même époque, par la communauté homosexuelle américaine d’une marque de bière qui refusait d’embaucher les gays ou, plus récemment, boycott des produits chinois par les soutiens de la cause tibétaine et des produits israéliens par les militants palestiniens… 

Pour l’ex-garde des Sceaux, il ne s’agit pas là d’entreprises de protestation et d’émancipation, souhaitables en démocratie, mais d’associations de malfaiteurs en vue d’attenter à la bonne marche du commerce, donc du monde.

La notion de discrimination ne peut s’entendre que d’une différence de traitement n’obéissant à aucun but légitime. Une action collective qui viserait à ne pas consommer de produits d’une entreprise parce qu’elle licencie ou délocalise sa production, ou d’un État parce qu’il maltraite ses 

minorités ne peut être qualifiée de discriminatoire, sauf à ôter aux consommateurs leur seul pouvoir, celui de ne pas de consommer n’importe quoi et n’importe comment. Que l’on se rassure : les États qui décideraient d’imposer un embargo à un pays étranger n’encourront pas les foudres de la 

loi pénale…

L’instrumentalisation d’un texte qui visait à combattre le racisme, le nationalisme et le sexisme est inadmissible, surtout lorsqu’elle vise à faire taire l’engagement citoyen. La circulaire en question, qui a su convaincre au moins un tribunal, constitue donc, pour la société civile, une régression 

d’une ampleur peu commune. Cette provocation s’est pour l’instant heurtée à un mur de silence. La pénalisation de la contestation est toujours une mauvaise nouvelle pour la démocratie. L’absence de contestation de la pénalisation, lorsque celle-ci ne répond à aucun autre objectif que celui de museler les peuples, n’en est pas une meilleure. »


"La liberté de la presse ne s'use que lorsqu'on ne s'en sert pas" (Devise du Canard Enchainé)

Que faire ? 




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