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Natures Paul Keirn NATURES, SCIENCE & TRADITIONS, CONSOMMATION & SANTÉ

Gilets jaunes - JOUR 71 : Justice pour Rodrigues ! Les mensonges de Macron sur la dette

28 Janvier 2019 , Rédigé par Paul KEIRN

Gilets jaunes - JOUR 71 : Justice pour Rodrigues ! Les mensonges de Macron sur la dette

Courage Jérôme ! On est près de toi. Et l’on te doit bien de faire plier le tyran ! Pour toi et pour nous tous. « J’avais arrêté de défiler avec mes copains » me dit un ami, « on y retourne tous samedi prochain, c’est déjà acté ». Justice pour Rodrigues !

 

Passons au démontage des mensonges de Macron. C’est important car cela nous donne des arguments destinés aux proches, sceptiques, aux plateaux télé, sur les ronds-points, partout devant les miccros. Celui de la dette est vraiment exemplaire ! Vous allez tout comprendre.

 

JUSTE UN PREAMBULE DE COMBAT

 

Souvent, les raisons de la baisse de notre pouvoir d'achat sont quasi invisibles, car elles sont complexes et relèvent du fonctionnement financier au niveau français, européen et mondial.

 

Le mouvement du peuple des ronds points, des gilets jaunes, est une formidable opportunité pour apprendre, pour comprendre comment tout cela fonctionne et découvrir "où va notre pognon ?" Ou plus précisément comment la vraie valeur de notre travail nous échappe, enrichit les riches et appauvrit les pauvres. Et ce jusqu'à l'explosion, parce que ce maladroit hors-sol et sadique, Macron, n'a pas eu conscience des limites du supportable. Pourtant la demande initiale des gilets jaunes était sobre : "on veut juste travailler honnêtement, finir les fins de mois, faire plaisir à nos enfants". On l’a tous entendu. Des revendications d'une extrême modestie ! Je dirais même d'une incroyable modestie par rapport à ce que pourrait être leur vie et la nôtre sans être à ce point exploitées.

 

Le pouvoir n'a pas voulu entendre et répondre quand il était temps. Et il ne répond toujours pas concrètement. Mais entretemps nous avons compris qu'il n'y avait aucune raison de "supporter la misère", de vivre juste un peu mieux que survivre, alors que l'argent coule à flot.

 

Nos exigences s'accroissent avec le temps qui passe, loin du "pourrissement" attendu par ce chien de Macron (chien de garde du capitalisme). C'est au contraire notre compréhension nouvelle des injustices qui renforce le mouvement, lui assure sa durée, accroît le rapport de force et les gains que nous pouvons en attendre dans tous les domaines.

 

L’EXTRAORDINAIRE EXEMPLE DE LA DETTE

 

J'avais des idées préconçues (pour tout dire jusqu'à aujourd'hui !) sur la dette de la France. Je n'avais pas pensé qu'elle profitait à ce point aux riches alors que Macron montre du doigt les prétendus coupables : un trop grand nombre de fonctionnaires, de retraités et de malades. Ce qui est faux.

 

Dans les années 80, imitant en cela les USA, les états européens ont pensé qu'en réduisant les contraintes des riches on relancerait la croissance (c'est ce que dit toujours Macron). Alors les réductions d'impôt et de cotisations se sont multipliées : sur les bénéfices des sociétés, sur le revenu des particuliers les plus aisés, sur les patrimoines, sur les cotisations patronales. Ce que continue de faire Macron.

 

Pour boucler son budget, l’État a dû emprunter aux banques. Mais, finalement, la croissance n'a pas été au rendez-vous : les pauvres sont restés pauvres (pas de ruissellement) et le chômage n'a pas diminué. La France s'est retrouvée endettée et sans la relance attendue. Elle est aujourd'hui contrainte de rembourser 44 milliards d'Euros par an, comprenant une partie du capital et des intérêts (ce que qu'on appelle "le service de la dette").

 

Pour rembourser la dette, l’État a émis des "actions dette" (des actions comme à la bourse), comme on lance une cagnotte sur internet. Chacun peut acheter des actions en bourse de la dette. Une dette qui s'élevait à 2 299,8 milliards d'euros à la fin du deuxième trimestre 2018, soit 99 % du PIB (le Produit Intérieur Brut est la somme de tout ce qui est produit, objets et services, en un an multiplié par la valeur de chaque chose). La dette représentait 55,8 % du PIB à la fin de 1995 et 66,8 % à la veille de la crise de 2008.

 

l’Agence France Trésor, rattachée à Bercy, avec ses 40 agents (spécialistes de la finance) met en vente des actions "dette". Elle les vend à des grossistes que sont les banques (BNP Paribas, Société générale et des banques étrangères). Qui elles mêmes vendent au particulier, en leur assurant 8,5% d'intérêts ! C’est énorme. Vous allez hurler avec raison : c'est en partie l'argent déposé sur les Livrets A qui sert à acheter de la dette ! Pendant que vous touchez 0,75% d’intérêts ! Bien moins que vraie inflation, à 4 ou 5%. Cela aide les riches à s'enrichir pendant que les détenteurs de Livret A s'appauvrissent.

 

Mais il y a pire et c'est là que je voulais en venir pour comprendre la dette : c'est que l'argent économisé par les "déjà riches" grâce aux décisions politiques style Macron (réduction d'impôts sur les bénéfices des sociétés, sur le revenu des particuliers les plus aisés, sur les patrimoines, sur les cotisations patronales) n’est pas investi dans la création d'entreprises ou d'emplois. Cet argent s'est notamment investi dans l'achat d'actions de la dette française, qui rapporte 8,5% d’intérêts ! En dormant. Ce qui est évidemment moins chiant que de créer et gérer une entreprise, de risquer des embauches, etc. CQFD ! Ce qu’il fallait démontrer : la dette est payée par les plus riches et enrichit les plus riches.

 

Cette dette, résultant des cadeaux fait aux riches, est aujourd'hui présentée comme étant la faute du « social », d'un trop grand nombre de fonctionnaires, de retraités trop bien pensionnés et de malades restant trop longtemps à l’hôpital et autres "boulets" de la vision macronienne.

 

Et Macron persiste dans cette voie que l’on sait inefficace ! On voit bien là son désir de plaire à ceux qui lui ont permis d’être élu en le finançant. L'argument du paiement de la dette par les enfants et les petits enfants ne tient plus : la dette est rachetée au fur et à mesure par les plus aisés pour maximiser leurs profits. L’argument du « social » ne tient plus non plus. Macron est un menteur.

 

C'est, en autres choses, ce que permet de comprendre la lecture, pas toujours facile mais nécessaire, du manifeste du groupe des "économistes atterrés". Ils présentent en outre des solutions qui mériteraient de compléter les cahiers de doléances des gilets jaunes. 32 pages à lire absolument !

 

Manifeste d’économistes atterrés

Crise et dettes en Europe : 10 fausses évidences, 22 mesures en débat pour sortir de l’impasse

par Philippe Askenazy (CNRS), Thomas Coutrot (Conseil scientifique d’Attac), André Orléan (CNRS, EHESS), Henri Sterdyniak (OFCE)

A lire ici : http://atterres.org/sites/default/files/manifeste.pdf

 

FAUSSE ÉVIDENCE N° 1 :LES MARCHÉS FINANCIERS SONT EFFICIENTS

FAUSSE ÉVIDENCE N° 2: LES MARCHES FINANCIERS SONT FAVORABLES À LA CROISSANCE ECONOMIQUE

FAUSSE ÉVIDENCE N° 3 : LES MARCHES SONT DE BONS JUGES DE LA SOLVABILITE DES ETATS

FAUSSE ÉVIDENCE N° 4 : L'ENVOLÉE DES DETTES PUBLIQUES RESULTE D'UN EXCES DE DEPENSES

FAUSSE ÉVIDENCE N° 5 : IL FAUT RÉDUIRE LES DEPENSES POUR RÉDUIRE LA DETTE PUBLIQUE

FAUSSE ÉVIDENCE N° 6 : LA DETTE PUBLIQUE REPORTE LE PRIX DE NOS EXCÈS SUR NOS PETITS-ENFANTS

FAUSSE ÉVIDENCE N° 7 : IL FAUT RASSURER LES MARCHÉS FINANCIERS POUR POUVOIR FINANCER LA DETTE PUBLIQUE

FAUSSE ÉVIDENCE N° 8 : L'UNION EUROPÉNNE DÉFEND LE MODÈLE SOCIAL EUROPÉEN

FAUSSE ÉVIDENCE N° 9 : L'EURO EST UN BOUCLIER CONTRE LA CRISE

FAUSSE ÉVIDENCE N° 10 :LA CRISE GRECQUE A ENFIN PERMIS D'AVANCER VERS UN GOUVERNEMENT ÉCONOMIQUE ET UNE VRAIE SOLIDARITÉ EUROPÉENNE

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