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Gilets jaunes - JOUR 25 : stupeur et tremblements : un discours masque un vote scélérat

11 Décembre 2018 , Rédigé par Paul KEIRN

Gilets jaunes - JOUR 25 : stupeur et tremblements : un discours masque un vote scélérat

20H00 ! 

21 millions de français sont scotchés au petit écran. Le président Macron, mal rasé, la cravate de travers, se présente comme un travailleur attelé au lourd char de l’État. Il en vient aux mesures tant attendues. Personne n’a le temps de décrypter le contenu de ces mesures dans le feu de l’action, bien sûr...

C’est tout au long de la soirée qu’on se rendra compte de la réalité. Hormis la défiscalisation des heures supplémentaires, qui est une mesure appréciable, on se rend vite compte que les 100 € « coup de pouce » au Smic n’en valent que 42.  Et qui plus est n’entrent pas dans le calcul de la retraite, puisqu’il ne s’agit pas d’un salaire.

Que l’annonce du retrait de la nouvelle hausse de la CSG n’est pas un recul, mais un renoncement à une nouvelle hausse ! Nuance ! Une nuance pas toujours comprise dans les médias qui y voient un accroissement du pouvoir d’achat. Ridicule : il s’agit de l’abandon temporaire (juste 2019) de la hausse d'une taxe. 
Encore faut-il préciser : pour « les revenus inférieurs à 2000 € »... Vous ne voyez rien ? Non ? Pour les revenus, pas pour les retraites inférieures à 2000 € ! Et pas pour vous : par foyer fiscal ! Par exemple, le total des revenus d’un couple.
Ah oui, cela fait au total beaucoup moins de personnes, c’est sûr. On est loin de la suppression de la CGS et de la réindexation des retraites sur le taux d’inflation. Loin, très loin. La prime quant à elle est laissée au bon soin des patrons. 

Au total, grosse déception, pas grand-chose, que l’on nous présente comme un coût sur les plateaux télé, alors qu’il s’agit d’un manque à gagner. Et que, comme toujours, on en parle à budget constant, sans évoquer de nouvelles sources de financement ! : ISF, GAFA, kérosène, TTF (taxes sur les transactions financières), réduction de la TICPE, taxe sur les routiers étrangers, etc., etc., etc.

Macron garde la cap, continue d’être le président des riches et la majorité de la population n’y trouve pas son compte :

Rien pour les fonctionnaires (dont le point d’indice se dessèche depuis 4 ans), rien pour les paysans (loi alimentation en berne), rien pour les classes moyennes, rien sur l’ISF, rien sur les GAFA, rien sur le Kerosène, rien sur la TICPE et je pourrais en remplir la page.

19H00 :  un nouveau cadeau pour les riches !

Et donc, presque « en même temps » selon l’expression macronienne, les sénateurs votaient l’allègement de l’« exit tax ». Qu’es aequo ?

 Vous allez tout comprendre : avant l’adoption de cettenouvelle loi (10 décembre 2018 à 19H00 au Sénat) les riches en partance pour s’installer à l’étranger et possédant plus de 800 000 Euros en « titres », c’est-à-dire en actions (celles qu’on achète et vend à la bourse), devaient attendre 15 ans pour les vendre sans être taxés ! Ou, ils devaient payer une « taxe de sortie » (exit tax) sur les bénéfices futurs (plus value) à hauteur de 30 % s’ils souhaitaient les vendre !
Oh ! Pauvres riches contraints d’attendre ou de passer à la caisse. Cela incitait même de possibles « futurs riches » (start up) à commencer par s’installer à l’étranger. Pfff que de problèmes !

Qu’à cela ne tienne, une heure avant le discours de Macron, les sénateurs ont réduit la souffrance des plus riches : désormais il ne devront plus attendre 15 ans pour profiter des bénéfices de leurs actions sans la moindre taxe, mais seulement entre 2 et 5 ans. Merci pour eux. Précisons, que de nombreux sénateurs de gauche ont hurlé, mais rien y a fait. La droite est majoritaire au Sénat comme à l’Assemblée nationale.

Sans toujours savoir cela, les gilets jaunes ont parfaitement compris que l’opération enfumage, que je qualifiais hier de « à la recherche de la ruse calmante », n’est que le premier recul de Macron et qu’il ne reculera que pas à pas, forcé de reculer sous la pression de la rue et des ronds-points. Chaque pas étant le résultat de plusieurs jours ou semaines de combat. 
C’est dire qu’il faut tenir, qu’il faut encourager partout les gilets jaunes. Résistez à la division. Négociez certes, mais sans l^cher les ronds-points.
Ce n’est qu’un début, continuons le combat ! Scandait-on au Quartier Latin avant d’obtenir 30 % d’augmentation sur le Smig d’alors lors des accords de Grenelle.

PK – www.natures.bio
 

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