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Natures Paul Keirn NATURES, SCIENCE & TRADITIONS, CONSOMMATION & SANTÉ

Gilets jaunes - JOUR 17 : vers le chaos-article 16 ou le chaos-dissolution

4 Décembre 2018 , Rédigé par Paul KEIRN Publié dans #INDIGNé(e)S, #Macron

Gilets jaunes - JOUR 17 : vers le chaos-article 16 ou le chaos-dissolution

On peut dire à la suite de ce long JOUR 17 de la semaine de tous les dangers que Macron est mort politiquement.

L’affirmer est peut-être encore prématuré, mais bien des éléments y invitent.
Que va-t-il se passer ? Essayons d’imaginer et de prévoir événement et ruses macroniennes !

Macron sait maintenant qu’il doit reculer. Qu’il doit à son corps défendant « lâcher du lest » : c’est son entourage, sous la pression de la rue, qui l’a convaincu. Mais comment reculer sans perdre la face ?
Telle est (ou était) la question !

Le lundi 26 novembre 2018, le Sénat a voté la suppression de la hausse de la taxe carbone prévue pour 2019. Pas une première : déjà, en 2018, la même attitude avait conduit les « sages » à adopter la même mesure, craignant que la hausse de la fiscalité des carburants soit « déraisonnable » et fasse renaître les flamboyants « bonnets rouges ». 
Ces prochains jours, les députés vont devoir confirmer ou infirmer le choix des sénateurs. 

Que vont voter les députés LREM, majoritaires ? Ce qu’on leur dira de voter ! Bonne réponse !!
Macron dispose-là d’une première voie de sortie honorable...sur ce point. Mais deux choix s’offrent à lui !...

Imaginons que Macron adopte une position jusqu’au boutiste et transmette l’ordre de voter contre la position sénatoriale. La hausse des taxes pour 2019 est adoptée. Les LREM-frondeurs sont trop peu nombreux à ce jour pour permettre une autre issue. Évidemment, le samedi 8 est le chaos machiavéliquement espéré par Macron : des blessés, des centaines de voitures et de commerces brûlés. Des morts aussi, tant dans les rangs des gilets jaunes (version pillards) que dans ceux des forces de l’ordre (parfois on dit du « désordre »). Ce choix est celui de l’espérance folle du « Moi ou chaos » chère à de Gaulle : le retournement de l’opinion publique contre les gilets jaunes, la peur confortant Macron en homme providentiel qui ne cède rien, jamais, même face au chaos. Le recours à l'article 16 de la Constitution, les pleins pouvoirs !

Peu probable car les premiers sondages indiquent que, malgré une déferlante médiatique phénoménale sur les casseurs, l’opinion publique reste favorable en ce jour 17 aux #GILETS_JAUNES à hauteur de 72 %. Le terrain n’est pas favorable au jusqu’au boutisme. Mais, qui sait ?

Seconde option, Macron fait voter la suppression de la hausse de la taxe carbone. Tous ces acolytes envahissent alors les médias pour dire « vous voyez, on sait faire les premiers pas, sans même savoir qui sont ce que veulent vraiment les #GILETS_JAUNES » ! « Quelle sagesse de notre part pour éviter le chaos tant espéré par les casseurs, ces séditieux » ; « quelle responsabilité de la part de nos jeunes député(e)s de LREM, une responsabilité acquise en seulement dix-huit mois ».
Cette dernière couche de pommade visant à cautériser les éraflures mentales qu’ils subissent depuis des mois. Pour Macron, que ce soit ses députés ou ses militants : ils n’ont pas à réfléchir mais à obéir.

Il faut dire que le niveau des député(e)s LREM ne vole pas bien haut. Comme disait Gérard Miller sur CNEWS, « ils ont l’air hébétés ». Grands yeux, bouches ouvertes, hyper concentrés pour ne pas faire de bourdes ! 
Des bourdes comme celle de la députée de la 5e circonscription de Paris, Élise Fajgeles, face à deux gilets jaunes, qui lui posent la question fatidique : « dites-nous à combien est le Smic aujourd’hui ? ». Elle bredouille et reconnaît ne pas le savoir : « je ne connais pas le montant du Smic » ! Hallucinant commente Johan Ouadfel, sympathique #GILETS_JAUNES, avant de quitter le plateau. Non sans avoir préconisé la mise sur pied d’un « CAP de député » ! Très drôle. Tout comme on devrait assujettir les candidats à la présidentielle au passage obligatoire par le statut de maire d’une commune. Cela change tout et permet d’éviter des irresponsables hors-sol style Macron.

Vous l’aurez compris : le seul renoncement à la taxe carburant ne suffira pas. 

Faute d’avoir pris cette décision il y a une quinzaine de jours, des espérances sont nées, des désirs ont pris corps, les gens ont réfléchi, étudié. Comme en 68, petit à petit, tout est repassé au tamis de la critique. Tout est remis à plat. Et la liste des revendications s’allonge, s’allonge, à mesure que les jours passent.

Il faut bien le comprendre : c’est une révolution qui se déroule devant nous, jour après jour. 

Elle n’a pas et ne peut avoir les caractéristiques des anciennes qui marquent notre histoire : celle de 1789 était la révolte de la bourgeoisie contre la noblesse. Celle de la Commune bien qu’elle s’en rapproche est une autre époque (dans les opérations de filtrage, ceux qui avaient les mains calleuses étaient fusillés). Ou encore celle de 68, s’appuyant toute entière sur le « transistor », elle était une révolution culturelle, après 23 ans d’étouffoir gaulliste. Mai 68 marquant la fin de l’après-guerre.

Celle-ci est faite à base d’internet version mobile. Et sur internet, de Facebook et de Facebook live (permettant à tout mobile de devenir une caméra de télévision et une chaîne de télé !). En outre, les chaînes télévisuelles d’info en continu : BMFTV, CNEWS, LCI et France TV INFO, quelles que soient les critiques faites, relayent 10 à 12 heures par jour le mouvement des gilets jaunes. Et le direct, c’est la vraie vie. Sans oublier des sites internet permettant de lancer des pétitions, type change.org 
Cette révolution des citoyens-internautes permet une communication totalement horizontale,  jamais vue auparavant.

Si le renoncement à  la taxe carburant ne suffit pas à juguler ce qui est maintenant un processus révolutionnaire, quels sont les événements et tactiques à venir ?

La seule solution intelligente qui s’offre à Macron est la dissolution de l’Assemblée nationale. Elle a toutes les qualités. Et sans doute à ses yeux, tous les défauts : on le voit difficilement en président d’une cohabitation ! Ce ne sera pas son choix. Et pourtant, c’est la solution qu’il devrait adopter dès lundi 10 décembre. Après la manifestation Acte IV qui sera marquée par une violence extrême, peu atténuée par le renoncement à la taxe.

Macron ne reculera que pas à pas, espérant à chacun d’entre eux se « refaire ». C’est dans la psychologie obsessionnelle, sadique, du personnage : ne rien lâcher. 

Et pourtant, il sait qu’après un premier recul, il devra lâcher l’ISF, en premier ; puis la réindexation des retraites sur le (faux) indice de l’inflation. Puis sans doute sur quelques uns de tous les autres points : l’augmentation du Smic, la taxe sur les transactions financières...A minima.

L’idée-tactique des vases communicants (si on baisse les taxes, on baisse les services publics ; Si l’on veut de bons services publics il faut des taxes) ne fera plus recette comme argument des députés LREM sur les plateaux télé : l’argent existe, en quantité, et il faut aller le chercher là où il est : à la Bourse, dans les sociétés du CAC 40, chez les transporteurs étrangers, sur les GAFA, etc. Toutes les zones que Macron protège, surprotège, enrichit, depuis 18 mois.

Et puis, il y a la remise en cause de l’Europe, pas en soi, mais de l’Europe des marchands et des financiers, des lobbys et des multinationales. Cette Europe là, les citoyens n’en veulent plus, sans pour autant tomber dans le marais du populisme. Une Europe populaire est, pourquoi pas, envisageable par les citoyens-internautes, grâce, notamment à la traduction automatique en ligne...

Au terme de deux ou trois reculs, psychologiquement insupportables, Macron annoncera la dissolution de l’Assemblée nationale, tout comme le 30 mai 1968, « comme une consultation du pays à la suite des événements ». 

On saura si c’est bien le choix de Macron en regardant s’il ne recourt pas d’ici là à l’article 16 de la constitution lui donnant les pleins pouvoirs. Car le recours à l’article 16 interdit la dissolution de l’Assemble nationale. A surveiller. Article 16 : il cherche à renaître du chaos. Pas d’usage de l’article 16, il se prépare à la dissolution ou à une solution émergente inattendue.

Les idées vers une VIe République s’imposent peu à peu dans tous les cas : révocation possible des élus, référendum d’initiative populaire comme en Suisse, participation citoyenne, proportionnelle, etc. Avec comme coeur, la reconquête des rouages et des décisions étatiques par le citoyen-internaute. 

Le choix de la dissolution ne dépend pas seulement des #GILETS_JAUNES. Hormis les transporteurs qui ont obtenu en coulisse un renoncement à la taxe qu’ils devaient subir, il y a d’autres corps qui entrent en scène :

Les ambulanciers commencent à se révolter et ne sont pas prêts de lâcher ! Les ambulanciers réclament la suppression de l’article 80 du projet de budget de la sécurité sociale 2017, entré en vigueur le 1er octobre 2018. Il indique que la prise en charge des transports des patients revient directement aux hôpitaux et cliniques plutôt qu’à l’Assurance maladie, tout comme le choix des ambulances privées, auparavant réservé aux patients. 
La traduction est simple : les grandes flottes d’ambulances, grosses sociétés bien capitalisées, vont pratiquer des prix tellement bas que toutes les petites compagnies ou artisans vont disparaître.
C’est un remake de l’ubérisation pour les taxis.
C’est bien pour cela qu’ils ne lâcheront pas : c’est survivre en retirant l’article 80 ou mourir.

Les lycéens bloquent une centaine de Lycées. La magistrature est en ébullition. La Police nationale est au bord de la rupture.

Pendant ce temps, les interpellés du 1er décembre vont passer devant les juges. Les gilets jaunes (version province) devraient subir des peines assorties du sursis. Histoire d’éviter, comme en mai 68, les cortèges « Libérez nos camarades » qui n’en finissent plus. 
Les autres, les gilets jaunes (version 9-3) devraient quant à eux subir l’appel à la fermeté du gouvernement. Sachant que personnes ne soutiendra leur cause. Même si tous ne sont évidemment pas des pilleurs ! Juste pour l’exemple.

Quelque soit les méandres de cette Histoire, personne ne peut désormais imaginer Macron faisant des réformes sans sursaut populaire :

le citoyen français est devenu allergique à Macron. Il est fini.

A SUIVRE…

Paul KEIRN
 

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